JournalB.M. : Journal → 25/10/2005
← Avant Après →
Limoges,
le mardi 25 octobre

Le train corail qui m’éloigne de Paris dans la tombée du soir. À l’arrivée dans la gare de Limoges il y a cette incroyable salle des pas perdus et son dôme. Sur le parvis de la gare c’est un grand espace, une fontaine, des lumières. Je suis vraiment agréablement surpris (la gare du Mans c’était autre chose !). Je marche dans les rues de cette ville avec l’air de savoir où je vais - ce qui est à peu près vrai, sans hésitation est plus exact - et je retrouve les rues désertes d’une ville de province le soir, la lumière tungstène des lampadaires.

À la télé dans la chambre de l’hôtel c’est la dernière partie d’Amélie Poulain, puis après un championnat de boxe me retient littéralement. Depuis que je n’ai plus la télé chez moi j’ai remarqué à quel point je pouvais être happé par celle-ci, jamais durablement, mais happé tout de même et surtout médusé d’y voir ce qu’on y donne souvent à voir.
Ces boxeurs m’interpellent, l’un d’eux a des réflexes et une précision sidérants, je me représente ce qu’il peut y avoir d’implacable face un type comme eux, pour peu qu’il soit décidé - un homme décidé - à aller jusqu’au bout. Et puis la dernière fois dans le train quand avec mon frère nous avons regardé « When we where kings », où j’étais ébloui par le mental monstrueux que Ali renforçait de jour en jour, cette stratégie dans le mental jusque pendant le combat, dans les quelques coups livrés à découvert comme une insulte, puis dans l’endurance des rounds où se laissant presque attaquer en se découvrant le moins possible il invectivait Foreman, lui demandant de faire mieux, lui disant sa déception, le provoquant à s’épuiser. Et le charisme d’Ali dissimulant cette force.

Les lumières éteintes je pense à J que les médecins ont plongé dans le coma samedi dernier, alors que nous devions aller le voir dimanche, J que je n’ai pas revu depuis mon départ à La Réunion, qui était en vacances à mon retour, puis l’hôpital. Puisse-tu te battre.

← Avant Après →