JournalB.M. : Journal → 23/10/2005
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Paris,
le dimanche 23 octobre

Des films que j’ai vus et aimés. Il y en a eu quelques-uns récemment (je pense surtout à Clean, aussi à Fin août début septembre, tous les deux de Oliver Assayas en fait). Mais je ne sais pas, je ne sais jamais énoncer (prononcer ?) ce que j’y aime, je n’arrive pas à le cerner, je veux dire qu’il y a toujours une fausseté, plus qu’une inexactitude, quelque chose qui ne reflète pas mon sentiment.

Pourtant. Dans « Innocence » (Ghost in the shell 2) il y a souvent des images qui me plaisent, des passages qui me fascineront, comme le moment où Batu (Bato ?) est attaqué dans le magasin, plus généralement l’esthétique du film. Mais je peux aussi dire que les passages disons de réflexion sont lourdingues, ressassés, je les trouve pénibles (c’était déjà le cas dans le premier volet ceci dit), plus simplement et moins crânement que leur manière ne m’intéresse pas. Peut-être sont-ils moins pesants dans la langue japonaise d’ailleurs ? Je crois que je sais dire ce que je n’aime pas.

La question de fond est, je crois : ces très beaux plans, ces images, dans tout ces films où il y a quelque chose qui me touche, à quoi me renvoient-ils ? C’est peut-être ça que je n’arrive pas à dire.

J’ai le sentiment très net de manquer de vie à vivre, et que cela m’affaiblit en tout et surtout en cœur. Il y a beaucoup de chausse-trappes faciles pour obscurcir la (si fragile) clairvoyance dont on peut jamais disposer. Ils ne manquent pas les moyens de se masquer à soi. Jusqu’où ? Maintenant je doute beaucoup sur la sincérité de ce que j’affirme, que je me demande si, dès lors que je lance un avis un peu tranché, ce n’est pas moi que je trahis.

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